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Amicus est un nouveau dispositif de la Direction générale de l’Éducation et de la Culture de l’Union Européenne dans le domaine de la mobilité des jeunes (16-28 ans) et du volontariat. REMPART participe, dans le cadre de Cotravaux, à ce dispositif européen « test » de volontariat moyen long terme. Victor Adam est le premier volontaire Amicus de REMPART ; nous vous proposons de suivre au fil des mois son expérience auprès de notre partenaire portugais Palombar.
# Bonjour à tous
Commençons par le début, je me présente, Victor Adam, animateur au Club Marpen, membre de REMPART, en Charente sur des chantiers de bénévoles depuis bientôt 3 ans. J’ai eu envie de m’investir plus profondément, et sur un laps de temps plus long sur une action socioculturelle à l’étranger. Le poste de volontaire AMICUS proposé au Portugal m’a interpellé…
…Et cette fois-ci ça y est ! Après avoir assisté à l’Assemblée Générale des associations REMPART début Juin à Tusson, réglé les dernières formalités pour mon départ, pris tous les contacts nécessaires et acheté les billets qui me mèneront, après 19h longues heures de voyage en bus sur les autoroutes de France, je m’apprête à passer les quatre prochains mois au sein de l’association Palombar, dans le Nord-Est du Portugal.
Ce partenaire REMPART œuvre pour la sauvegarde du patrimoine et de l’environnement dans le district de Bragança et bénéficie de plusieurs accords avec différents parcs naturels dans la région du Trás-os-Montes. Une grande partie de leur travail consiste à rénover les différents pigeonniers de la région, aux moyens de techniques traditionnelles, mais également de voir peut-être un jour revenir l’aigle de Bonelli, espèce classée dans la section « en danger » par l’IUCN (International Union for the Conservation of Nature).
Mon arrivée à Vilarseco, commune où je serai logé dans une maison avec deux espagnols et un portugais, est prévue fin juin. J’ai décidé d’effectuer la fin du trajet à vélo (Bragança - Vilar Seco 47 km), afin de profiter du paysage de la région.
Juin 2009
# Bom dia a tudos!
Cela fait maintenant bientôt trois semaines que je suis arrivé dans cette petite bourgade du nord du Portugal, où le rythme de vie est bien moins soutenu que dans nos villes françaises, et la chaleur écrasante (avec quelques gros orages d’été). On dit de la région qu’il y a neuf mois d’hiver et trois mois d’enfer, à cause des températures qui peuvent parfois atteindre les quarante degrés. Chaque coin d’ombre est une oasis. Mais on s’y habitue vite…
Les gens du coin sont très accueillants et prêts à vous aider pour le moindre de vos soucis (j’en ai fait l’expérience quand je me suis retrouvé sans eau lors de mon arrivée à vélo…). Le village est plein de chiens, comme partout au Portugal, ce qui d’ailleurs commence (apparemment) à poser problème dans les grandes villes, mais ici on en est loin. Le paysage est magnifique, la région a su garder une nature assez brute qui lui donne tout son charme. La faune est très variée, on croise une multitude d’oiseaux, de petits reptiles et d'autres petits animaux sauvages en se baladant dans les champs et forêts de pins avoisinants. La vie coûte peu pour un français, le SMIC étant environ de 400€ par mois, tout est moins cher (nourriture, essence, etc.)…
Je vis ici dans une des trois maisons que Palombar possède dans ce village, avec une hongroise, deux hollandais, quelques espagnols, beaucoup de portugais, trois chiens et un chat. Tous m’ont très bien accueilli. Tout le monde met la main à la pâte pour les taches quotidiennes, ça parle et sent un peu le pays de chacun dans la maison. Chacun (ou presque) a sa propre chambre, mais elles ne servent généralement qu’a dormir. Je commence à bien comprendre et parler (doucement…) le portugais, qui ressemble aux autres langues latines, mais avec une prononciation bien particulière. J’espère bien l’apprendre de plus en plus durant mon séjour, bien qu’aussi près de la frontière, tout le monde comprend l’espagnol.
Les quelques photos jointes sont assez représentatives du paysage et de l’ambiance générale entre les gens, autant à la maison qu’au travail, et du temps magnifique de la région. En cette période de début d’été, il y a quasiment chaque jour, surtout le week-end, une fête de quartier, un concert, un marché, où l’on rencontre plein de gens très ouverts avec beaucoup de choses à raconter sur la région, le pays…Ce n’est pour l’instant qu’un aperçu de la tonne de choses qu’il y a à voir et à faire par ici, et ne montre qu’une infime partie du nombre impressionnant de personnes différentes qui nous aident chaque jour.
Dans la région, plusieurs associations travaillent ensemble pour la sauvegarde du patrimoine du Trás-os-Montes et la défense de l’environnement, dont Palombar et AEPGA, que j’aide ici. Nos journées s’articulent donc autour du travail de ces différentes organisations. L’humain est au service de l’animal, le travail est divisé entre les différents sites où sont gardés les ânes, ou sur les différents pigeonniers de la région. Les taches varient de l’approvisionnement en nourriture, en paille et en eau, au travail plus que conséquent des vétérinaires de l’association, en passant par la réhabilitation et le nettoyage des étables et pigeonniers utilisés. On reçoit aussi parfois des classes d’écoles primaires, et j’en apprends autant qu’eux. On commence aussi à penser au groupe que nous allons recevoir d’ici la mi-juillet (puis un autre en septembre), pour le chantier de rénovation de pombaìs (pigeonniers), organisé avec REMPART, à savoir l’accueil, l´hébergement, le travail des volontaires. Les associations du coin aident aussi à l’organisation de plusieurs festivals comme, entre autres, « L Burro i L Gueiteiro » « Sons e Ruralidades », avec au programme promenades à dos d’âne, confection et concerts d’instruments traditionnels, concerts de groupes folkloriques divers…On est bien occupés… : )
Quelques sites à visiter pour plus d’information : www.aepga.pt, www.palombar.org, www.aldeia.org.
Voilà pour le moment, je reste sous le soleil portugais, mais je continuerais de donner des nouvelles, até jà !
Juillet 2009, Vilar Seco, Portugal
# Amicus, épisode 3
Toujours sous le soleil portugais, en plein mois d’août, avec une chaleur de plus en plus soutenue et de plus en plus de fêtes, repas et festivals en tout genre. La fatigue commence peu à peu à se faire sentir, et pour cause, ces dernières semaines n’ont pas été de tout repos…
Le premier chantier organisé avec REMPART, du onze au vingt-neuf juillet, s’est bien terminé; le pigeonnier fut fini dans les temps, avec un groupe de huit volontaires belges et français, âgés de dix-neuf à vingt-neuf ans. Encore des rencontres avec la population, avec des gens tous plus généreux les uns que les autres, ouverts et prêts à faire découvrir leur pays et sa culture, sans rien demander en retour.
Le jour de notre arrivée à Uva, village où se tenait le chantier, plusieurs personnes du village sont venues nous saluer, et nous offrir du vin, des patates, de la salade, des haricots, des tomates…. Beaucoup de soirées passées au café du village jusqu’à pas d’heure, à écouter les histoires, apprendre des chants et des danses traditionnelles. Simplement être là, et se sentir part de la vie d’ici. Comme disent beaucoup de gens qui jadis vinrent travailler en France et furent bien accueillis (malgré la situation actuelle), ils souhaitent rendre la pareille, et qu’on rentre en France en disant la même chose de leur pays.
Ce chantier, du coup, m’a permis de découvrir des lieux, disons un peu plus touristiques, ce qui en soit n’est pas non plus une mauvaise chose. On a amené les volontaires visiter le Château d’Algoso, dont on demande les clefs dans un troquet au coin de la rue; un des habitants d’Uva nous a fait explorer d’anciennes mines de chaux, avec toute sa ville morte pour cause d’inactivité ; j’ai vu Bragança, qui est plus ou moins la plus grande ville alentours; on s’est baigné dans des lacs, des rivières, des fleuves… Une expérience géniale autant pour eux que pour moi.
La fin du chantier chevauchait deux jours du festival itinérant L Burro i L Gueiteiro (autrement dit, l’âne et le joueur de gaita, instrument traditionnel de la région qui est très près d’une cornemuse), organisé par l’AEPGA (associaçao para o estudo e protecçao do gado asinino), où j’ai, par la même occasion, aussi mis la main à la pâte.
Cinq jours de balade à dos d’âne à travers les villages, chaque soir des concerts, la festa tras-os-montana ! De très bons moments, baisse de la pression du chantier... Que du bonheur, qui enchaîna ensuite sur trois jours du festival Interceltico de Sendim, ville assez proche de notre lieu de résidence. Festival non pas à notre initiative, mais auquel on a été ravi de participer. Au programme, musique celte, hydromel et chouchen ! Ont suivi des soirées en l’honneur de Santa Barbara, la feira de Santo Naso, des bals…
On commence aussi maintenant, du moins du coté de la Palombar, à penser au chantier de septembre, qui lui aussi prendra place à Uva, mais cette fois-ci avec plus de gens, dont probablement quelques volontaires de l’association « A pas de loup » qui œuvre en France pour la protection de la faune.
On étudie les éventuels problèmes rencontrés lors de ce premier chantier, afin de les rectifier ; on contacte des locaux pour confirmer le pigeonnier qui sera rénové afin d’évaluer le travail, la possibilité de peut-être même travailler sur deux pigeonniers en même temps, selon leur état et le nombre de volontaires ; on commence à recenser les dates, heures et lieu d’arrivée de chacun. Bref, on prépare, et on prévoie un chantier de bon augure !
Du coup on se remet doucement de toutes ces courtes nuits de sommeil et du stress de chacun, le rythme de vie décélère et on reprend des activités plus calmes autour des ânes, des pigeonniers, toujours saupoudrés de repas, anniversaires, concerts et sardinhadas (tout de même…).
Pour ma part, tout va bien, mon portugais s’améliore de jours en jours, ou presque. Je comprends maintenant tout ce qu’on me dit et arrive à me faire comprendre de tous, jeunes, vieux et même des enfants !
Je commence vraiment à apprécier les avantages de la langue portugaise sur la nôtre, les sonorités coulent et les muscles buccaux ne sont pas aussi sollicités qu’en français. Tel qu’on pourrait le dire des accents suisse et belge, le portugais fait preuve d’une certaine paresse linguistique très agréable à l’écoute, et au parler.
J’essaye de continuer de progresser, de faire le plus de choses possibles pour en apprendre un maximum, et rentrer chez moi avec des images, des histoires et des souvenirs plein la tête (pour en mettre plein la tête de mes amis, qui en ont déjà marre… ; ) ).
Août 2009, Vilar Seco, Portugal
# Cinquième et avant-dernier épisode du carnet de voyage de Victor :
Salut à tous!
Bon cette fois c’est sûr, je reste deux mois de plus dans le Nordeste Trasmontano. Cotravaux a accepté avec l’appui de REMPART et de la PALOMBAR, de prolonger mon séjour ici. C’est l’occasion pour moi de renforcer mes liens avec l’association d’accueil, d’en découvrir d’autres facettes, d’autres activités… C’est également pour nous l’occasion de créer des projets et des liens plus forts, plus concrets, dans un esprit international, notamment européen ; se rapprocher d’associations françaises, mais aussi espagnoles, italiennes, allemandes…
Ici, l’automne est bel est bien arrivé. Les températures baissent peu à peu (non ce n’est toujours pas le pôle nord…), et il pleut plus souvent (mais non, ce n’est pas encore la Bretagne…). Un sweat-shirt est suffisant, et le travail donne chaud…
Le début du mois ici est ponctué par de nombreuses élections (législatives, européennes, et communales). Les campagnes font rage, et on n’entend parler que de ça ; télévision, radio, affiches gigantesques avec photos et slogans, une montagne de camionnettes chargées d’énormes mégaphones dans lesquels des activistes scandent des slogans à longueur de journée… L’humeur générale est à la politique et, comme chez nous à la veille de tels évènements, on voit beaucoup de travail de voirie, reboucher les trous dans les routes, remplacer les panneaux, bétonner les routes trop anciennes… J’ai découvert Porto et sa périphérie, la deuxième plus grande ville du pays, (qui fait penser à Marseille) à l’occasion d’un festival de rue, « Se esta rua fosse minha… » (Si cette rue était la mienne…), et du « Dia do Animal » (Jour de l’Animal), où l’AEPGA proposait des petits tours à dos d’ânes ; la campagne en pleine ville, pour plein d’enfants qui n’avait pour la plupart jamais vu un âne d’aussi près de toute leur vie. Concerts, spectacles de rue, clowns, mariages mode Las Vegas, démonstrations canines, défilés d’animaux (les pauvres) déguisés… Evidemment, l’ambiance et la fréquentation sont complètement différentes, la mentalité des citadins et celle des ruraux d’ici n’ont rien à voir.
J’ai aussi pu passer une journée en Espagne, en Castilla-y-Léon, dans le petit village de Cerezal de Aliste, lors d’un cours transfrontalier d’ethnobotanique, mené par l’association espagnole « El Cigüeñal ». Une série de conférences sur les plantes, leurs noms, leurs utilités ; des balades à travers champs pour identifier, ramasser, observer… Plus tard, j’ai eu l’occasion de suivre un cours théorique et pratique d’initiation aux techniques audiovisuelles cinématographiques. Trois jours animés par deux intervenants de « ForalIdeias » (entreprise journalistique), avec à la clef la réalisation d’un petit film documentaire sur la Palombar et ses activités.
Pour ce qui est de l’association et du travail, d’ici la fin du mois, on va acheter en Espagne 300 pigeons, afin de repeupler huit nouveaux pigeonniers, avant la période hivernale, puis les amours et la reproduction. Il faut donc laver, tirer les fientes (fertilisant très puissant), et déparasiter. C’est assez physique, dans ces constructions fermées, certaines de plus de quatre mètres de hauteur, avec encore quelques pigeons, beaucoup de poussière et cette odeur très acide qui colle aux vêtements. On réalise une série de test pour détecter un virus qui affecte les pigeons de la région ; enfiler un coton-tige au fond du bec du pigeon jusque dans la gorge, puis le faire réagir dans un liquide spécial pour analyser, et donner un comprimé. On règle les problèmes de toiture, on modifie, améliore les installations (perchoirs, mangeoires, réservoirs d’eau…). Les ânes aussi se préparent pour l’hiver…Au niveau de l’AEPGA, les travaux et améliorations sont également de vigueur ; les mangeoires, puits, installations diverses sont aussi révisés, les toits et étables remis en état…L’état corporel de chaque âne est passé en revue, afin de déterminer l’alimentation et les traitements à administrer. Trabalhinho, trabalhinho…
Je commence à penser aussi à mon retour en France ; quand ? Comment ? Pour y faire quoi ? Mais bon, on n’en est pas encore là…
À la prochaine, Victor
Fin octobre 2009
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