Château de Brie-Comte-Robert

  1. Accueil
  2. Découvrir le patrimoine
  3. Visiter les sites
  4. Château de Brie-Comte-Robert

XIIe et XIIIe siècles
Le château de Brie-Comte-Robert fut construit à la fin du XIIe s, alors que Robert Ier de Dreux, frère du roi Louis VII, était seigneur de Brie. Les indices archéologiques apportés par la fouille, les éléments de sculptures des cheminées et le choix de techniques des bâtisseurs, datent l'origine du château durant cette période charnière pour l'architecture castrale. Son plan général (plan carré, répartition des tours rondes flanquantes, cour centrale, bâtiment seigneurial et communs adossés aux courtines) annonce certaines caractéristiques des châteaux du roi Philippe II Auguste (1180-1223) qui engendra l'essor de la construction des châteaux au début du XIIIe s. L'architecte de Robert Ier a donc fait figure de novateur et de précurseur des plans réguliers. La tour principale (tour-porte), faisant office de donjon, est ici intégrée à l'enceinte et protège deux entrées opposées, fait unique en Ile-de-France.

Le château resta dans la famille de Dreux jusqu'en 1254, puis passa dans la famille de Châtillon. Par dots et héritages successifs, il échut à Marguerite d'Artois puis à sa fille Jeanne d'Évreux en 1319.
Jehanne d'Evreux, qui tenait la châtellenie de Brie-Comte-Robert par héritage, devint l'épouse du dernier roi capétien direct, Charles IV le Bel. A la mort de celui-ci (1328), elle bénéficia de confortables revenus (douaire royal assis sur de nombreux fiefs en Brie et en Champagne), qui lui permirent de consacrer des sommes importantes à l'entretien et à l'amélioration de ses possessions propres, dont Brie-Comte-Robert. Elle fit faire d'importants travaux au château, comme l'attestent ses comptes conservés aux Archives nationales.

XIVe siècle
Le château devint une résidence de prestige où tous les grands seigneurs du royaume, notamment les ducs de Bourgogne, n'hésitèrent pas à séjourner. On y vit aussi, en 1349, le mariage du roi Philippe VI de Valois et de Blanche d'Evreux-Navarre, nièce de la reine Jeanne.
La dame de Brie fit, en particulier, aménager luxueusement la demeure seigneuriale située contre les courtines S-O, S-E et surtout N-E. Elle fit construire une chapelle dédiée à Saint-Denis, accolée à la tour Saint-Jean et dessiner de vastes jardins d'agrément.
Jeanne d'Evreux mourut au château en 1370, à l'âge de 69 ans. A la fin du XIVe siècle, le château revint au domaine royal, puis à la famille d'Orléans.

XVe siècle
Louis d'Orléans mena une vie brillante au château de Brie-Comte-Robert (tournois, réceptions de grands seigneurs) mais, devant l'insécurité grandissante, il fit armer le château dès 1405. Après son assassinat par Jean sans Peur, duc de Bourgogne, et la constitution du parti Armagnac (1407), le château passa sous le contrôle du parti Bourguignon, qui s'assurait ainsi une étape sûre sur la route menant de Paris vers la Bourgogne.
En 1420, le passage de l'armée anglaise, en route pour Troyes, et le siège de Melun qui s'ensuivit, amenèrent quelques désordres dans la ville, mais n'affectèrent pas le château. C'est à partir de 1429 que la ville fut, "par quatre diverses fois en trois ans", prise et reprise par les Français et les Anglais. Le fait majeur reste toutefois le siège mis en septembre 1430 par le comte de Stafford, qui provoqua d'immenses dégâts, tant dans la ville que dans le château.
La place fut rachetée par les Français en 1434 et rendue à son propriétaire légitime, Charles d'Orléans. Son fils, le futur roi Louis XII, fit entrer le château dans le domaine royal.

XVIe siècle
A partir du règne de François Ier, le château et ses terres furent confiés par le Roi à certains de ses proches, soit à titre de faveur ("don pour un temps"), soit par vente conditionnelle avec faculté de rachat ("l'engagement"). Citons parmi eux : Louis Poncher, Philippe de Chabot, le maréchal Jean Caraccioli, Balthazar Gobelin, Claude de Bullion surintendant des finances de Louis XIII. Au milieu du siècle, diverses familles de seigneurs italiens, proches de Catherine de Medicis (Aquaviva, Pierrevive, Gondi), détinrent le château, mais laissèrent l'édifice se dégrader, provoquant même l'incendie des planchers et de certaines charpentes.Un arrêt du Parlement fut nécessaire en 1567 pour faire cesser ces déprédations. A la fin du siècle, Balthazar Gobelin, un fidèle d? Henri IV, y fit faire des réparations. Le château était encore en état de recevoir le jeune Louis XIII par deux fois, en 1609 et 1611.

XVIIe siècle
En 1649, lors des troubles de la Fronde, la ville, puis le château de Brie-Comte-Robert, furent pris par les troupes royales commandées par le comte de Grancey. Le château fut canonné par une batterie pendant plus de cinq heures, perdant ainsi sa tour sud-est. La remise en état ultérieure dut être très modeste : en 1681, le château était considéré comme "...inhabitable, les fossés comblés d'immondices, le jardin en friche...". Le Président Jean-Antoine de Mesmes, engagiste de 1688 à 1723, fit faire divers travaux d'entretien au niveau des toitures, et des réparations aux ponts d'accès. Des procès verbaux de visite du domaine, et des baux à ferme de cette époque, décrivent quelques aménagements intérieurs. Le château était alors habité par des particuliers.

XVIIIe siècle
En 1750, Germain-Louis de Chauvelin, seigneur engagiste depuis 1734, arguant de la vétusté de l'édifice, obtint l'autorisation de raser les tours et les courtines à la hauteur du premier étage, en épargnant toutefois la tour Saint-Jean, symbole seigneurial.
Racheté par le roi Louis XV, en 1766, le domaine de Brie-Comte-Robert (dont le château) fit l'objet d'un échange entre ce dernier et son cousin, le comte d'Eu. Ses héritiers, le duc de Penthièvre, puis sa fille, la duchesse d'Orléans, en furent les derniers seigneurs.
Durant la Révolution, l'édifice servit de prison au baron de Besenval, colonel des Gardes Suisses et commandant militaire de l'Ile-de-France. Le bâtiment fut ensuite vendu comme bien national.

XIXe et XXe siècles
Racheté par la ville en 1803, le château fut revendu en 1813. En 1879, un des propriétaires privés qui se succédèrent au cours de cette période, fit malheureusement raser ce qui subsistait de la tour Saint-Jean, pour édifier un bâtiment moderne parasite. Des apports massifs de terre végétale transformèrent la cour et les lices en un vaste jardin potager. La commune racheta le château en 1923 et le fit classer Monument Historique.
Depuis 1982, la municipalité a entrepris un programme de remise en valeur du site, dans lequel s'insère le chantier archéologique. Celui-ci précède et souvent oriente le programme de restauration des vestiges du château.

XXIe siècle
L'année 2003 voit le début du grand programme de restauration du château, avec le remontage de courtines sur plus de six mètres de hauteur, la restauration de la tour de Brie, puis la déconstruction de la maison du XIXe siècle, permettant la reconstruction partielle de la tour Saint-Jean, selon les relevés archéologiques. A l'intérieur de l'enceinte, la construction d'un bâtiment contemporain, le Centre d'Interprétation du Patrimoine, permet à l?association des Amis du Vieux Château de concevoir et de gérer une exposition permanente de site et d'y mener des activités pédagogiques. Ce projet, sous la direction de l'architecte en chef des Monuments Historiques, est le fruit d?une longue réflexion menée conjointement par Jean-Claude Sémon, architecte, Lorenzo Piqueras, architecte-muséographe, et les Amis du Vieux Château, pleinement investis comme acteurs du projet.

Architecture

Le château de Brie-Comte-Robert est un château de plaine. L'ensemble, de plan carré d'environ 58 mètres de côté (extérieur), est bâti dans une cuvette géographique que l'architecte mit à profit pour creuser les douves. Les fossés en eau sont situées à une douzaine de mètres du pied des murailles d'enceinte. Au milieu des courtines S.O. et N.E., deux tours carrées servent d'entrées opposées. Cette disposition, qui pouvait induire une certaine faiblesse dans la défense, est unique en Ile-de-France. L'entrée N.E. était surmontée de la tour maîtresse, intégrée à l'enceinte et faisant office de donjon.
Compte tenu des diverses destructions, seules les tours Sud, Est et Ouest gardaient une élévation de leur salle du 1er étage. Les autres tours présentaient encore des vestiges de leur 1er niveau. Elles furent l'objet, en 2003, d'importantes restaurations. Aucune trace au sol du logis seigneurial et des communs ne subsistait en 1982, date du début des fouilles archéologiques.
Depuis cette période, les campagnes de recherches annuelles mettent progressivement au jour les vestiges des bâtiments seignauriaux à l'intérieur de l'enceinte et des constructions annexes sur les lices.

Environnement du château et ville médiévale

Après avoir effectué une fouille exhaustive du château de Brie-Comte-Robert, l'association étend ses recherches sur l'environnement du château et sur l'organisation de la ville au Moyen-âge. A un kilomètre du centre-ville de Brie, le long de la vallée du Cornillot, elle s'intéresse aux anciens moulins banaux du seigneur.

 

 

+

Association responsable

Les Amis du Vieux Château de Brie-Comte-Robert

Centre d’Interprétation du Patrimoine
1 rue du Château
77170 Brie-Comte-Robert

Localisation : 77170 Brie-Comte-Robert / Ile-de-France / France