Ariane, Châtel-sur-Moselle, août 2017

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Ariane, 17 ans, terminale S, Strasbourg

Bonjour Ariane !

Bonjour !

Tu as 17 ans et tu rentres en terminale S cette année. Est-ce que c’est ton premier chantier ?

Oui, c’est mon premier chantier. Je voulais tout d’abord participer à des fouilles archéologiques, mais ces chantiers n’acceptaient pas de mineurs. Mon père a trouvé l’association REMPART qui permet à des mineurs avec autorisation parentale de travailler sur certains chantiers. Du coup, j’ai dit oui et j’y suis !

D’où te vient ton intérêt pour l’archéologie ?

Je ne sais pas ! Quand j’étais toute petite, je voulais devenir archéologue. Après, ça s’est un peu perdu… Il y a maintenant un an, quand j’étais en Bretagne, j’ai visité un site archéologique et cette envie est revenue.

Archéologue n’est pas forcément le métier que tu envisages de faire par la suite ?

Non. J’ai demandé à mes parents de se renseigner pour passer le concours de l’ESA, l’École de Santé des Armées.

Es-tu la plus jeune du groupe ?

On est quatre bénévoles à avoir 17 ans, mais je suis la plus âgée sur cette tranche d’âge.

Est-ce qu’avant de venir tu avais peur d’être la plus jeune, de ne pas te retrouver avec des bénévoles de ton âge ?

Non, ça va. En fait, j’ai « kidnappé » ma meilleure amie pour qu’elle vienne avec moi, donc j’étais sûre de ne pas être seule !

Peux-tu nous décrire une journée type sur le chantier ?

Je réveille tout le monde à 7h15. Après, on s’habille et on déjeune jusqu’à 8h. On remonte dans la chambre et on finit de se préparer. À 8h30, on démarre le chantier. De 10h30 à 11h on a une pause avec un petit goûter. De 12h30 à 14h30, c’est la pause déjeuner puis, on reprend le travail jusqu’à 17h. Après le chantier, c’est temps libre et le dîner est à 19h30.

Est-ce que tu connaissais déjà le site de Châtel avant de venir ?

Absolument pas !

Qu’as-tu pensé du site lorsque tu es arrivée ?

C’est grand ! Mais c’est dommage qu’une route est été construite à travers le site… C’est quand même joli, il y a un mélange d’ancien et de nouveau. Le site est très bien conservé. Ça fait plus de 40 ans que l’association locale restaure ce lieu !

Peux-tu nous décrire le logement ?

Ce sont des dortoirs de six : ni trop, ni pas assez ! Les douches, ça va, les lits aussi. Je n’ai pas dormi dans beaucoup de dortoirs jusque là, mais ici ça va, c’est un bon dortoir.

À Châtel, ce ne sont pas les bénévoles qui font la cuisine. Avez-vous d’autres tâches à votre charge ?

Chaque jour, un bénévole fait le ménage. Et on fait tous la vaisselle après les repas, sauf au petit-déjeuner. Si on arrive plus tôt, on aide à mettre la table et à apporter les plats.

Et la cuisine, on mange bien ?

C’est très bon ! Très, très bon ! Alain se démène pour faire des plats variés. Je lui ai dit que je n’aime pas les bananes, du coup, lorsqu’il a cuisiné une compote à la banane, il m’a mis une part de côté sans banane. Il est hyper gentil, il fait attention à ce qu’on aime, ce qu’on préfère.

Et concernant les travaux, qu’as-tu fait depuis une semaine ?

Depuis que je suis arrivée, j’ai travaillé sur l’échafaudage de la tour et je n’ai fait que de la maçonnerie. Mais aujourd’hui, je me suis dis « on change » ! Alors, je commence la taille de pierre. La maçonnerie c’est exaspérant quand tu vois tout le mortier que tu as posé qui retombe au sol ! Et transporter le mortier, c’est fatiguant. On reste après 17h pour tout ranger. La taille de pierre c’est plus cool. Ça ne salit pas et je n’ai pas charge lourde à porter.

Le chantier accueille des bénévoles de plusieurs nationalité, c’est un point important pour toi ?

Oui ! Ça apporte beaucoup de chose. J’ai appris de nouveaux mots en d’autres langues. Avec les bénévoles, on discute de leur pays, de leurs habitudes, on s’informe…

Beaucoup de bénévoles sont plus âgés que toi et sont en formation universitaire ou travaillent. Cela t’apporte-t-il quelque chose d’un point de vue professionnel ?

C’est sympa ! Ils sont gentils et ne nous rabaissent pas. C’était l’une de mes craintes en venant ici, que les bénévoles plus âgés se croient supérieurs à nous. Ce n’est absolument pas le cas ! Ils sont ouverts à tout et on peut parler sans craindre d’être jugé. Trois bénévoles sont en architecture et une en hôtellerie. Mais on ne parle pas trop des cours, c’est les vacances, on en profite encore un peu !

Comment occupez-vous vos temps libres ?

On se repose. Hier, avec cinq autres filles, ont a fait de la vannerie pendant une heure et demi. Dimanche on est allés tous ensemble à un lac. On fait des jeux dans la salle commune.

Si tu avais un conseil à donner pour les futurs bénévoles ?

Apportez un bleu de travail ! Et, au contraire, n’apportez pas cinquante mille sacs comme moi, ce n’est pas pratique ! Juste trois tenues à salir et quelques unes à porter lors des temps libres.

Aimerais-tu participer de nouveau à un chantier ?

Oui, mais je ne sais pas encore lequel. Peut-être revenir ici… Je pense rester en contact avec des bénévoles, ce sont des amis !