Léa, relevé et archéologie du bâti à Berzy-le-sec, avril 2017

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À 17 ans, Léa est la plus jeune bénévole du stage relevé et archéologie du bâti, à Berzy-le-Sec. Après le bac, elle souhaite se tourner vers le métier d’architecte. Ce stage est pour elle une première approche de ce domaine.

Qu’est-ce qui t’a donné envie d’effectuer un chantier pendant tes vacances ?

J’avais l’idée depuis longtemps, mais quand tu n’as pas encore 17 ans, c’est compliqué. Sinon, c’était plus partir sur des séjours encadrés de type colonie de vacances, ce que je n’avais pas envie de faire.

L’an prochain, si tout se passe bien, je rentre en école d’architecture. Un chantier collait assez bien avec ce que je voulais faire. C’était une première approche dans un contexte où l’on n’est pas noté. Et puis, c’est axé sur le patrimoine, un sujet que j’aime. Donc ce chantier regroupait pas mal de mes centres d’intérêts.

 

Tu connaissais des personnes qui avaient déjà fait ce genre de chantier avant ?

J’avais entendu parler de REMPART, je ne sais plus par qui. C’était du bouche à oreille, « fais un chantier avec REMPART, tu trouveras ce que tu cherches ».

 

Pourquoi le chantier de Berzy-le-Sec ?

Déjà parce que ça collait dans les dates et que ce n’était pas trop loin. Et puis, ce que j’aimais bien, c’est que tout était représenté : vitrail, taille de pierre… Pas seulement du relevé du bâti. Tu peux tout voir en même temps, c’est cool. Je parle avec les vitraillistes, avec les tailleurs de pierre, je vois ce qu’ils font dans la journée. Ça donne une vue d’ensemble.

 

Tu as déjà une expérience en tant qu’animatrice de centre de loisir, est-ce que tu trouves que l’ambiance à Berzy est la même ?

C’est complétement différent ! Ici, ce sont des adultes et je ne suis pas là en tant qu’animatrice, je n’ai pas le même positionnement. Sur cette session on n’est pas beaucoup, donc c’est familial, il y a une bonne ambiance.

 

Est-ce qu’en venant tu avais peur de te retrouver avec des personnes plus âgées ?

Oui ! Je me suis demandé « avec qui je vais tomber ? ». Quand tu as 17 ans, tu fais partie des plus jeunes. D’un autre côté, j’ai attendu d’avoir cet âge pour pouvoir faire des stages plus « adultes ».

Même pour les encadrants, je ne savais pas avec quelle tranche d’âge j’allais me retrouver ! J’ai vu que c’était écrit « moyenne d’âge : 25-30 ans », et puis « de 17 à 70 ans »… Donc ça ne m’éclairait pas vraiment ! Mais ça ne m’aurait pas gêné de me retrouver avec des personnes de 60 ans, parce que l’avantage des chantiers c’est que c’est hyper enrichissant par rapport aux personnes qu’on y rencontre.

Il y a plein de profils différents, c’est plus intéressant que si tout le monde avait le même âge et le même parcours. Ça te montre que tu n’es pas la seule à t’intéresser à ce genre de sujets et ça te donne envie de poursuivre.

 

L’an prochain, tu voudrais intégrer une école d’architecture. Est-ce que ce chantier t’a donné l’occasion de rencontrer des bénévoles qui avaient une certaine expérience dans ce domaine ?

Tout à fait ! Déjà Émile, qui encadre le stage de relevé et archéologie du bâti, est architecte. Certains bénévoles sont étudiants en architecture en 2e et 3e année. Ils me donnent leur vision de ces études. Maria Laura, qui est avec moi en relevé du bâti, est en école d’architecture. J’apprends beaucoup d’elle, aussi.

 

Tu es sur une petite session en relevé et archéologie du bâti, vous n’êtes que quatre. Est-ce que ce que tu aurais préféré être dans un plus grand groupe ?

Rien qu’à dix, on se serait déjà un peu marché dessus. En petit groupe, c’est bien. Par exemple, ce matin, j’ai pu travailler avec Émile. Tu profites de ces moments-là pour poser plein de questions. Ce qui est bien, en relevé, c’est que ce que tu fais va vraiment servir, même si tu n’as pas du tout d’expérience préalable. Ce que tu fais maintenant va servir ensuite à d’autres, ça va être leur base plus tard pour leurs travaux. C’est une réelle contribution au chantier.

 

Donc il y a aussi l’idée de s’inscrire dans une histoire…

Oui, il y a un effet domino : ce que tu fais va servir au groupe, donc au château, etc. Le relevé permet de localiser les restes de voûtes, les départs de murs… Tu te représentes le château tel qu’il pouvait être avant d’être en ruine. Tu es au cœur du monument et de son histoire.

 

Question pratique : ici on se partage les corvées (vaisselle, ménage, préparation des repas…). Qu’est-ce que tu en penses ?

Pour moi, c’est un peu indispensable ! Si une seule personne fait tout ou bien si l’on ne compte que sur les intendants pour tout faire, c’est pas terrible… On est ici en tant que bénévoles : on donne notre temps, donc c’est normal qu’on s’organise pour la répartition des tâches. Et puis, ça permet de passer du temps avec des personnes auxquelles tu n’as pas encore parlé sur le chantier.

 

Dernière question : est-ce que ça te tenterait de refaire un chantier ?

Carrément ! J’ai découvert plein de choses que je ne connaissais pas. La charpente et la menuiserie me tenteraient beaucoup. À terme, ce qui me plairait, ce serait de revenir mais de « l’autre côté ». Comme j’ai déjà une expérience dans l’animation et que, lorsque j’aurai achevé mes études, j’aurai une expérience technique, je souhaiterais à mon tour transmettre mon savoir.

Refaire un chantier ailleurs me tente, mais revenir à Berzy me plairait aussi. Je connais les besoins du château, ça donne envie de continuer et de le voir avancer. La charpente et la couverture, c’est du concret, les résultats sont visibles immédiatement. La charpente, c’est un symbole : c’est ce qui vient achever l’édifice.